Association loi de 1901 « Le Son de Mer »


Manifeste Août 2008

Dans tout l'univers, notre Terre est appelée « LA PLANETE BLEUE ».

Depuis des dizaines de millions d'années, des mammifères ont quitté la « Terre ferme » et sont retournés dans la matrice, la Mère de toute vie ; et là, sans faire de bruit, ils veillent sur ce bleu.

Depuis des dizaines de millions d.années, ces mammifères marins donc, règnent sans partage, au sommet de la chaine alimentaire des océans et sont les gardiens de cette couleur devenue par la conquête de l'espace, la marque de la Vie et donc l'IDENTITE de notre Terre.

Depuis des dizaines de millions d'années, les Cétacés arpentent les couloirs les plus secrets des mers et des océans, se donnent rendez vous à des milliers de kilomètres de distance, s'assemblent, tiennent congrès et finalement avec une conscience et une constance dignes des anciens Dieux, protègent dans le milieu marin l'équilibre des espèces !

Depuis quelques centaines de milliers d'années, l'Homme est descendu de son arbre, puis s'est levé ... Pour assurer la pérennité de son espèce, mais également asseoir sa domination tout autour de lui, il a observé, recherché, inventé, et souffert aussi.

Depuis une centaine d.années seulement, l'Homme a enfin découvert ce qui va lui permettre d'étendre son influence aux règnes minéral, végétal et animal, ainsi qu'aux autres hommes, sur la Terre, sur les Mers et dans les Airs.

Cette puissance n'est pas extra terrestre, elle est le fruit de sa quête perpétuelle de savoir et des applications plus ou moins éthiques qu'il en extrait : elle se nomme technique, technologie, technicité etc... du latin « techna »...ruse fourberie, tromperie !

Certaines de ses applications ont aujourd'hui dépassé avec conviction les rivages de l'absurde et confinent à l'autodestruction ; seuls quelques uns feignent toujours de l'ignorer...

Dans notre domaine d'élection, les interférences sonores marines d'origine humaine méritent depuis des décennies le vocable de pollution ! De multiples interventions humaines nécessaires au développement de notre civilisation ont été réalisées sans le moindre égard pour ce que J.Y. Cousteau nommait injustement « Le monde du silence ».

Car en fait, et c'est là le premier volet de l'action que nous entendons mener, le milieu marin n'est pas silencieux, bien au contraire.

A l'instar des airs, il recèle quantités de sons, de messages et de mélodies diverses qui sont le résultat ou la cause d'actions d'origine naturelle ou biologique et qui contribuent au « bon fonctionnement » pour évoquer le langage technique, mais auquel nous préféreront le terme « d'harmonie » du milieu vivant.

Ces sonorités étranges et inconnues ne sont pas venues « d'ailleurs », elles sont là lorsque l'on se baigne, lorsque simplement on regarde la mer, la musique des vagues est le lien avec la symphonie sous marine car le ressac aussi s'entend du « dessous ».

Cependant, comme pour le renard de Saint Exupéry, l'essentiel est caché et c'est sous la surface que la Mélodie se révèle pleinement : tout y participe, du coquillage à la baleine, de la crevette au cachalot, en passant par le poisson, la vague ou le mouvement des plaques tectoniques, tous ces Sons s'unissent en une Voix unique et infiniment variée à la fois...

Mais tous les sons se mélangent indifféremment, qu'ils soient naturels ou d'origine humaine, harmonieux ou discordants jusqu'à la nuisance. Et il ne s'agit plus alors que d'une cacophonie : la pollution prend ses quartiers, brouillant les communications, dérangeant nombre d'espèces dans leur habitat « privé », allant parfois même jusqu'à tuer certains animaux particulièrement sensibles aux ondes sonores marines, au Son de Mer.

À tel point que l'équilibre naturel millénaire des océans en est menacé.

Voilà donc notre nom « Le Son de Mer », car nous dédierons une partie de notre action à faire connaître la simple existence de ce Son, sa richesse, et son importance vitale dans les échanges entres membres d'une même communauté.

Pour les cétacés, par exemple, disséminés dans toutes les mers du globe et qui depuis la nuit des temps perfectionnent leur SONAR biologique aux fins d'orientation, de détection de proies ou encore plus extraordinairement de renseignements inter- et intracommunautaires.

Cette communication au sein des espèces leur permet notamment de gérer collectivement les quantités de nourriture disponibles et de veiller à l'équilibre de la chaine alimentaire...

Ce Son de mer sera diffusé comme un appel à la conscience de cette Vie sous marine, un rappel à cette Conscience sans laquelle Rabelais nous enseignait déjà il y a 5 siècles, que « la science, n'est que ruine de l'Ame ».

Le deuxième volet de notre action consistera à réunir et à organiser les moyens du développement de la recherche scientifique et technologique sur la pollution sonore marine.

Il s'agira de permettre la mise en oeuvre d'expérimentations spécifiques ayant pour but la prévention ou le contrôle de certains aspects particulièrement nuisibles de cette pollution.

Simultanément à une évaluation de la dégradation acoustique du milieu marin, des expérimentations prenant en compte les besoins de développement des différents intervenants dans la vie marine seront engagées de manière à rechercher toute amélioration du niveau actuel de nuisance par des solutions spécifiques à chaque type de pollution et applicables à grande échelle.

La possibilité par exemple de localiser les cétacés de manière non intrusive par des systèmes de sonar passif et « d'imagerie par bruit ambiant de localisation 3D » est une réponse appropriée à la problématique des collisions fréquentes entre les navires et ces mammifères marins !

Le troisième volet, certainement le plus ambitieux, sera orienté vers les ramifications commerciales et politiques de ces recherches.

Le Son de Mer est mu par une volonté d'aide aux administrations locales, nationales et européennes pour développer et implémenter les objectifs et les engagements en matière de politique pour l'environnement.

Le Son de Mer mettra à disposition de ces administrations des données destinées à améliorer leur connaissance scientifique du bruit anthropogénique dans le milieu marin.

Ses objectifs rempliront les conditions normatives européennes sur l'environnement.

Ils viseront à apporter ou à faciliter la mise en oeuvre d'outils favorisant le développement durable dans le domaine maritime du transport, des activités industrielles et de l'exploitation des ressources géophysiques.

Les entités chargées de gérer les « Zones Spéciales de Conservation », délimitées dans le cadre européen, et de faire appliquer les autres engagements des États Membres (Directive Habitats, ACCOBAMS, ASCOBANS, etc.) seront également destinataires de ces outils en vue de réguler le transport maritime, le tourisme associé à l'observation des cétacés (« Whale-watching »), et l'exploration pétrolifère.

De fait, Le Son de Mer contribuera activement à l'élaboration et à l'implémentation des stratégies de gestion intégrée en zones côtières.

Le Son de Mer proposera également un décryptage spécifique de tout projet lié au milieu marin afin de faire connaître les répercutions sonores environnementales, les aménagements possibles pour les améliorer, et les éventuels cadres normatifs pour les réguler du niveau local au niveau européen.

Le développement durable des activités humaines dans la mer nous concerne tous.

Ensemble nous pouvons mettre en place des solutions scientifiques et concertées pour rendre à la mer un équilibre acoustique vital, un espace naturel de sons et de silences.